Aperçus
9 déc. 2025
Mackisen

Comptabilité des entreprises de cannabis au Canada – Un guide complet pour les producteurs et détaillants licenciés

Les entreprises de cannabis au Canada opèrent dans l'un des secteurs les plus réglementés et surveillés du pays. Les producteurs autorisés et les détaillants de cannabis doivent naviguer dans un réseau complexe de règles fiscales fédérales et provinciales, de normes de rapports financiers et d'obligations de conformité. Ce guide CPA de qualité juridique décompose les domaines critiques de la comptabilité et de la conformité pour les entreprises de cannabis – des droits d'accise et des taxes GST/QST aux remises de paie, à l'évaluation des stocks, à la comptabilité des actifs biologiques et à l'exposition aux audits. Nous couvrons également la responsabilité des directeurs/propriétaires, les erreurs communes de conformité (et comment les éviter), les stratégies de compensation des propriétaires optimales (salaire vs. dividende) incluant l'utilisation de sociétés de portefeuille, et les programmes de financement gouvernementaux disponibles. Tout au long, nous mettons l'accent à la fois sur les exigences fédérales (ARC, Santé Canada, Loi sur le cannabis) et sur les règles spécifiques au Québec (Revenu Québec, Loi sur l'imposition), fournissant des références officielles pour l'exactitude et l'exhaustivité.
Insight d'apprentissage : Les entreprises de cannabis sont confrontées à des défis fiscaux et comptables uniques – la conformité proactive et les conseils d'experts sont essentiels pour rester en règle.
Fondation juridique et cadre réglementaire
Loi sur le cannabis (fédérale) : La Loi sur le cannabis est le cadre fédéral du Canada contrôlant la production, la distribution, la vente et la possession de cannabisjustice.gc.ca. Elle établit le régime de licence de Santé Canada pour les cultivateurs, les transformateurs et les vendeurs de cannabis, et impose des règles strictes pour garder le cannabis hors des mains des mineurs et les profits hors du marché noirjustice.gc.cajustice.gc.ca. La Loi et ses règlements sur le cannabis imposent des exigences telles que le suivi de la vente des semences à la vente, des vérifications de sécurité pour les personnes clés, des normes de qualité des produits, des règles d'emballage/étiquetage et des interdictions de publicité. Les violations de la Loi sur le cannabis ou de ses règlements peuvent entraîner des sanctions sévères, y compris des amendes pouvant aller jusqu'à 1 million de dollars par violation dans le cadre du régime des pénalités administratives monétaires de la Loicanada.ca.
Loi sur l'accise, 2001 (Droit d'accise) : Les produits à base de cannabis sont soumis à des droits d'accise fédéraux en vertu de la Loi sur l'accise, 2001, administrée par l'Agence du revenu du Canada (ARC). Un producteur de cannabis doit obtenir une licence de cannabis de l'ARC et apposer des timbres d'accise sur tous les produits de cannabis destinés à la vente au détailcanada.cacanada.ca. Le droit d'accise devient payable lorsque les produits de cannabis sont livrés à un acheteur (par exemple, un distributeur provincial, un détaillant ou un consommateur final)canada.ca. Le droit est calculé comme le plus élevé entre un taux forfaitaire par quantité et un taux ad valorem (pourcentage du prix de vente), communément appelé la règle “1 $ par gramme ou 10 %”canada.castratcann.com. Par exemple, la fleur de cannabis séchée est généralement taxée à 1 $/gramme ou 10 % du prix de vente, le montant le plus élevé étant retenustratcann.com. (En pratique, cela se fait via un tarif de base de 0,25 $/gramme + 2,5 % des ventes et un droit additionnel de 0,75 $/gramme + 7,5 % des ventes dans la plupart des provinces, totalisant 1 $ ou 10 %canada.cacanada.ca.) Les produits comestibles à base de cannabis, les extraits et les topiques sont taxés sur le contenu de THC à la place – à un tarif forfaitaire de 0,0025 $ par milligramme de THC totalstratcann.com. Les revenus des droits d'accise sont partagés avec les provinces : 75 % des droits sur le cannabis (jusqu'à un plafond) sont remboursés aux gouvernements provinciauxstratcann.com. Notamment, le Québec participe au cadre fédéral des droits sur le cannabis et n'impose aucun droit d'accise provincial séparé sur le cannabis au-delà des droits fédéraux-provinciaux coordonnéscanada.cacanada.ca. Tous les produits de cannabis (avec quelques exceptions) doivent porter un timbre d'accise spécifique à la province, et la possession de cannabis non timbré et non soumis à duty par quiconque d'autre qu'un producteur autorisé est interditecanada.cacanada.ca.
Loi sur la taxe d'accise (GST/HST) : La Loi sur la taxe d'accise et ses annexes régissent l'application de la GST/HST au cannabis. Le cannabis est généralement considéré comme un bien taxable aux fins de la GST/HST – il n'y a aucune exemption fiscale globale ni aucun tarif zéro pour le cannabis, même lorsqu'il est vendu à des fins médicaleslegacylawyers.comlegacylawyers.com. La Cour canadienne de l'impôt a confirmé dans Hedges c. R. que le cannabis médical ne peut pas être considéré comme un médicament prescrit à tarif zéro en vertu de l'annexe VI de la Loi, car il peut être obtenu sans ordonnance traditionnelle (sous autorisation d'un praticien de la santé) et n'est pas un médicament DIN approuvélegacylawyers.comlegacylawyers.com. Ainsi, les ventes de cannabis récréatif et médical sont soumises à la GST ou à la HST au taux applicable. Nous discutons du traitement de la GST/HST et de la taxe de vente du Québec en détail ci-dessous.
Loi sur l'imposition du Québec et règlements provinciaux : Au Québec, la distribution et le détail du cannabis sont régis par la Loi sur la réglementation du cannabis provinciale (qui a créé le monopole de la Société Québécoise du Cannabis (SQDC) pour les ventes au détail). D'un point de vue fiscal, le Québec administre ses propres lois fiscales parallèlement à la loi fédérale. La Loi sur l'imposition (Québec) régit l'impôt sur le revenu provincial des entreprises opérant au Québec, qui reflète largement la Loi fédérale de l'impôt sur le revenu mais est administrée par Revenu Québec. Le Québec a également la Loi concernant la taxe de vente du Québec pour la QST, qui est une taxe sur la valeur ajoutée appliquée en parallèle de la GST sur les fournitures imposables au Québec. Les ventes de cannabis au Québec sont soumises à 9,975 % de QST en plus de la GST. Revenu Québec administre à la fois la GST et la QST pour la plupart des entreprises basées au Québec via un système de déclaration combinée, ce qui signifie que les entreprises de cannabis au Québec remettent généralement la GST et la QST à Revenu Québec plutôt qu'à l'ARC (dans le cadre d'un accord de perception fiscale). Cette obligation de dépôt dual (fédérale et provinciale) est un point clé de conformité discuté plus loin.
Licences et enregistrements clés : Pour fonctionner légalement, un producteur de cannabis doit détenir deux licences : une licence de cannabis de Santé Canada (pour la culture, la transformation ou la vente à des fins médicales en vertu de la Loi sur le cannabis) et une licence de cannabis de l'ARC (pour le droit d'accise)canada.ca. Les détaillants au Québec ne détiennent pas de licences privées (la SQDC gère le détail), mais dans d'autres provinces, les détaillants privés ont besoin de licences de détail provinciales. Toutes les entreprises de cannabis s'engageant dans des ventes commerciales doivent également s'enregistrer pour la GST/HST (et la QST au Québec) et obtenir un numéro d'entreprise fédéral avec les comptes de programme appropriés (par exemple, RT pour la GST/HST, et au Québec, un NEQ et un enregistrement à la QST). Si l'entreprise a des employés, l'enregistrement pour les comptes de paie avec l'ARC (et Revenu Québec pour les retenues provinciales) est aussi requis.
Insight d'apprentissage : Les entreprises de cannabis fonctionnent sous une supervision fédérale et provinciale – comprendre la fondation juridique (lois, règlements et licences clés) est la première étape vers une conformité complète.
Producteurs autorisés contre détaillants de cannabis : différents champs de conformité
Producteurs autorisés fédéraux (LPs) : Les producteurs autorisés (cultivateurs, transformateurs et vendeurs médicaux) sont principalement réglementés par Santé Canada à l'échelle fédérale, et ils portent la responsabilité de la conformité au niveau de la production. Les LPs doivent mettre en œuvre des bonnes pratiques de production (BPP), maintenir des systèmes de contrôle de la sécurité et des stocks, et assurer que tous les emballages, étiquettes et tests des produits répondent aux Règlements sur le cannabis. D'un point de vue comptable, les LPs ont des devoirs supplémentaires significatifs, notamment : collecter et remettre les droits d'accise, déposer des déclarations de droit d'accise en cannabis (Formulaire B300) chaque mois/trimestre, acheter et gérer des timbres d'accise et tenir des registres détaillés de la production et des stocks pour les inspections de l'ARC et de Santé Canada. Les LPs participent également à des transactions en gros (ventes à des distributeurs provinciaux ou à d'autres transformateurs autorisés), ce qui déclenche la GST/HST sur les ventes interprovinciales et la QST sur les ventes intra-québécoises (avec des crédits de taxe d'entrée pour les acheteurs). Ils doivent respecter la comptabilité des coûts pour les opérations de culture/transformation et gérer l'évaluation des actifs biologiques (agriculture à plantes vivantes) dans leurs états financiers. De nombreux LPs sont de grandes entreprises ou des entreprises publiques, ce qui signifie que les rapports IFRS et les audits financiers annuels sont souvent obligatoires, ajoutant ainsi une autre couche de conformité.
Opérations de détail de cannabis : Les détaillants traitent avec le point final de la chaîne d'approvisionnement, vendant aux consommateurs. Dans de nombreuses provinces (comme l'Ontario, l'Alberta, etc.), les détaillants privés achètent des produits timbrés auprès du grossiste provincial puis vendent au public, facturant les taxes de vente finales. Au Québec, le détail est exclusivement géré par la SQDC (une société d'État provinciale), donc les entrepreneurs privés ne peuvent pas ouvrir de magasins indépendants de cannabis récréatif dans le Québec. Cependant, les entreprises basées au Québec peuvent opérer dans d'autres provinces ou vendre directement du cannabis médical aux patients par courrier. Les opérations de détail se concentrent sur la conformité au point de vente : facturer correctement la GST/HST et la PST/QST aux consommateurs, remettre ces taxes et respecter les vérifications d'âge ainsi que d'autres règles provinciales sur le détail. Les détaillants ne paient généralement pas de droits d'accise (ces droits sont intégrés dans leur coût d'achat via les timbres appliqués par les producteurs). Leurs défis comptables se concentrent sur la gestion des revenus de ventes à volume élevé, le suivi des stocks (du fournisseur à l'étagère, utilisant souvent des logiciels de suivi de semences à la vente mandés), et une tenue de livres robuste pour séparer les revenus de cannabis pour la déclaration fiscale. Les détaillants doivent s'enregistrer pour la GST/HST et la QST et déposer des déclarations périodiques, même si une grande partie de la taxe peut s'équilibrer (car la GST/QST sur les achats en inventaire est récupérable). Ils ont également des obligations typiques de petite entreprise : des remises de paie pour le personnel du magasin, des déclarations de revenus, et peut-être une exposition aux audits pour sous-déclarations de ventes s'ils ne font pas attention.
Défis partagés : Les LP et les détaillants rencontrent certains défis de conformité communs – notamment la gestion rigoureuse des stocks (le vol/l’amincissement ou les cannabis non enregistrés peuvent entraîner des sanctions réglementaires), les difficultés de gestion des liquidités et bancaires (certaines institutions étaient au départ réticentes avec les entreprises de cannabis), et la nécessité de registres financiers précis pour satisfaire aux auditeurs et aux régulateurs. Tous doivent également veiller à des dépôts de taxes et remises en temps voulu (GST, QST, impôts sur le revenu, retenues à la source) pour éviter des pénalités. Mais en général, les producteurs ont un fardeau plus lourd au niveau de la production et des droits d'accise, tandis que les détaillants se concentrent sur la taxe de vente et la conformité des opérations de détail.
Insight d'apprentissage : Les producteurs et les détaillants occupent des maillons différents de la chaîne d'approvisionnement en cannabis – les producteurs traitent de la comptabilité des droits d'accise et de la production, tandis que les détaillants se concentrent sur les taxes de vente et le contrôle au point de vente. Savoir où votre entreprise se situe aide à identifier vos principales tâches de conformité.
Droits d'accise sur le cannabis : licences, timbrage et remises
Un des aspects les plus distincts de la comptabilité du cannabis est le régime de droits d'accise. Le droit d'accise sur le cannabis est un prélèvement fédéral administré par l'ARC mais partagé avec les provinces. Les points clés incluent :
Licence de cannabis de l'ARC : Si vous cultivez, produisez ou emballez commercialement des produits de cannabis, vous devez obtenir une licence de cannabis de l'ARC (en plus de votre licence de Santé Canada) avant de commencer vos opérationscanada.ca. Mener des activités de production ou posséder du cannabis non emballé et non timbré sans licence de l'ARC peut déclencher de lourdes sanctionscanada.ca. (Notamment, la culture personnelle ou les cultures médicales enregistrées auprès de Santé Canada pour un usage personnel sont exemptées de la licence de l'ARCcanada.ca.)
Les timbres d'accise : Tous les produits de cannabis destinés à la vente au détail doivent porter un timbre d'accise officiel pour la province ou le territoire dans lequel ils seront venduscanada.cacanada.ca. Chaque province a un timbre de couleur unique. Les producteurs autorisés achètent ces timbres auprès du fournisseur autorisé et sont responsables de les apposer sur l'emballage des produitscanada.ca. Vendre du cannabis non timbré est une infraction grave – vous ne pouvez transférer un produit non timbré à un autre licencié que sous des contrôles stricts (par exemple, un accord de services de transformation agréé)canada.ca. L'ARC souligne que aucun cannabis ne doit quitter une installation agréée pour la vente au détail sans un timbre adéquat, sinon le droit est considéré comme évité.
Calcul des droits : Le droit d'accise sur le cannabis est déterminé au moment de la livraison à un acheteur (généralement lorsque le LP vend au distributeur ou détaillant provincial)canada.ca. Pour le cannabis séché/frais et le matériel végétal, le droit est le plus élevé d'un montant forfaitaire par gramme et d'un montant ad valorem (pourcentage du prix de vente)canada.ca. Par exemple :
Fleur séchée : 1,00 $/gramme ou 10 % du prix de vente (ce qui équivaut effectivement à 0,25 $ + 0,75 $ supplémentaire par gramme et 2,5 % + 7,5 % du prix dans une province participante comme le Québec)canada.cacanada.ca.
Huiles de cannabis, comestibles, extraits, topiques : tarif forfaitaire par milligramme de THC total (0,0025 $/mg THC) sans composante ad valoremstratcann.com. Ces produits ont leur droit entièrement basé sur le contenu en THC plutôt que sur le prix.
Faible teneur en THC (THC négligeable ou certains produits CBD de chanvre) : Si un produit contient au plus 0,3 % de THC ou est un médicament prescrit avec un DIN dérivé du cannabis, il peut être exempté de droits d'acciseryan.comlaws-lois.justice.gc.ca. (La plupart des produits de cannabis habituels ne peuvent pas prétendre à cette exemption.)
Insight d'apprentissage : La règle “plus élevé de 1 $/gramme ou 10 %” garantit qu'un montant minimum de droits est perçu même si les prix chutent. En pratique, la plupart des cannabis à petit budget sont touchés par le plancher de 1 $/gramme, tandis que les produits haut de gamme peuvent toucher le droit basé sur le prix de 10 %.
Dépôt et paiement : Les producteurs de cannabis autorisés doivent déposer le formulaire B300 – Déclaration et renseignements sur le droit d'accise pour chaque période de déclaration. Au départ, les grands producteurs avaient un rapport mensuel, mais depuis les modifications du Budget 2023, tous les titulaires de licence de cannabis peuvent déposer et remettre sur une base trimestriellecanada.ca (l'ARC a introduit le dépôt trimestriel pour alléger la charge via l'Avis de Droits d'accise EDN88canada.ca). Le retour détaille tous les produits de cannabis emballés, livrés et le droit dû. Le droit doit être remis à la date limite, comme d'autres taxes d'accise. Le non-dépôt ou le non-paiement à temps entraîne des intérêts et des pénalités. L'ARC applique des intérêts de retard sur les droits d'accise non payés (le taux était de 9 % par an à la mi-2023)canada.cacanada.ca. Des pénalités de dépôt tardif pour droits d'accise peuvent être significatives – généralement un pourcentage du droit impayé. Par exemple, en vertu de la Loi sur l'accise, 2001, la pénalité pourrait être de 1 à 5 % du droit revenant, plus des montants supplémentaires en cas de retards prolongés. Vérifiez toujours les structures de pénalités actuelles avec les publications de l'ARC.
Maintien de la conformité : Pour garder votre licence de l'ARC active, vous devez rester conforme à toutes les obligations de dépôt et de paiementcanada.ca. Prendre du retard sur les droits d'accise peut mettre en péril votre licence – l'ARC peut suspendre ou révoquer des licences pour non-conformité grave, fermant effectivement votre entreprise. De plus, les droits d'accise impayés accumulent des privilèges statutaires sur vos actifs commerciaux en faveur de la Couronne. En pratique, l'ARC a enregistré des hypothèques légales (privilèges) contre certains producteurs de cannabis en défaut pour garantir des droits et des taxes impayésstratcann.comstratcann.com. Plusieurs entreprises de cannabis au Canada ont accumulé d'importantes dettes fiscales en matière d'accise ; à la fin de 2024, l'ARC a rapporté plus de 4,7 millions de dollars de droits d'accise sur le cannabis rayés comme irrécouvrables et de nombreux producteurs entrant en insolvente avec des arriérés d'accisestratcann.comstratcann.com. La leçon : payez vos droits d'accise à temps, à chaque fois. C'est une obligation de


